Meilleurs archers olympiques de tous les temps: #10 Hiroshi Yamamoto

5 mai 2016
World Archery a dressé une liste des meilleurs athlètes olympiques de l'histoire du tir à l'arc depuis Paris 1900 jusqu'à Londres 2012.

À l'approche des Jeux Olympiques 2016 à Rio, nous révélerons chaque semaine un autre ahtlète de notre liste des quinze meilleurs archers olympiques de tous les temps. Cette semaine, c'est au tour de…

#10: Hiroshi Yamamoto

CNO: Japon 

Naissance: 31 octobre 1962, Yokohama, Japon 

Participations olympiques: 5 (Los Angeles 1984, Séoul 1988, Barcelone 1992, Atlanta 1996, Sydney 2004)

Les médailles

Los Angeles 1984 Jeux Olympiques
Athènes 2004 Jeux Olympiques

La citation

“Quels sacrifices ai-je fait pour le tir à l'arc? Aucun. Il y a des choses que j'ai acquises grâce à l'entraînement et en participant à des compétitions qui ont enrichi ma vie, mais je n'ai rien sacrifié.”  – Hiroshi Yamamoto

La raison

Hiroshi Yamamoto est l'olympien japonais le plus décoré. Son extraordinaire carrière s'étend sur cinq Olympiades, et ce n'est pas encore terminé.

Junior très talentueux, Yamamoto a remporté sept titres nationaux au lycée et à l'université, ainsi qu'un record national. Il a fait ses débuts internationaux en 1981, participant à ses premiers Jeux en 1984 à Los Angeles avec une médaille de bronze individuelle à la clé.

Image publiée avec la permission de Yoshi Komatsu.

Le jeune Yamamoto, 21 ans, avait terminé à un petit point de l'Américain Rick McKinney, qui s'était assuré l'argent à sa toute dernière flèche. (À l'époque, il n'y avait pas encore de matchs en face-à-face, et les médailles étaient attribuées selon un système de tours qualificatifs successifs.)

Une nouvelle fois présent à Séoul en 1988, Yamamoto terminait à un respectable 8e rang dans l'épreuve individuelle, alors que l'équipe japonaise se classait 6e. Il allait encore représenté les couleurs du Japon en 1992 à Barcelone et 1996 à Atlanta, mais rentrait les mains vides, terminant 17e et 19e respectivement.

Image publiée avec la permission de Yoshi Komatsu.

En 2000, alors qu'il ne parvenait pas à se qualifier dans l'équipe pour les Jeux de Sydney, Yamamoto pensait que sa carrière internationale était terminée.

À cette époque, il était devenu enseignant au lycée, et ce sont apparemment ses étudiants en tir à l'arc qui ont ravivé son esprit de compétition. En 2004, Yamamoto faisait une nouvelle fois partie de l'équipe olympique. Le 19 août à Athènes, utilisant une corde d'arc faite par l'un de ses élèves, il remportait ses trois premiers matchs éliminatoires individuels (y compris une victoire surprise face à l'Italien Michele Frangilli) pour parvenir en quarts de finale. 

Dans ce match, il affrontait le grand favori coréen Im Dong Hyun, qui avait survolé l'épreuve de classement. Mais Yamamoto l'emportait d'un tout petit point, 111-110, après 12 flèches, pour se retrouver en demi-finale face à l'Australien Tim Cuddihy. Dans une partie encore plus serrée, avec une égalité à 115 partout dans le temps règlementaire, le Japonais battait le futur médaillé de bronze, 10-9 au barrage. 

Il était en finale, et affrontait l'Italien Marco Galiazzo.

“Je me souviens être en rang avec Monsieur Galiazzo dans un étroit tunnel rempli d'air froid dans le stade panathénaïque,” se remémore Hiroshi. “Lorsque le chef du protocole m'a donnée une tape dans le dos, je suis passée par l'entrée lumineuse et j'ai entendu un énorme rugissement alors que mon nom était annoncé. Je me suis juste dit à moi-même: ‘En avant pour une grande partie’.”

Après trois flèches, Yamamoto menait d'un point.

“Je ne ressentais aucune anxiété ou l'attente de gagner ou perdre, ou pour l'or.”

“Je n'entendais même pas les acclamations des spectateurs. J'étais juste concentré sur le fait de tirer du mieux que je pouvais, et je ne pensais pas à gagner.”

Finalement, Galiazzo est revenu de l'arrière pour l'emporter 110-109, mais c'était une nouvelle médaille olympique pour Yamamoto, 20 ans exactement après sa première. Et sa vie en a été bouleversée.

La nouvelle qu'un enseignant de 41 ans avait remporté une médaille d'argent aux Jeux Olympiques a fait sensation au Japon, et Yamamoto est instantanément devenu la vedette d'émissions télévisées et une icône des médias.

L'histoire était irresistible: “La performance a donné beaucoup de courage aux gens. Par la suite, les médias m'ont appelé la ‘middle-aged star’, et cela m'a donné l'occasion de faire de nombreuses interviews et d'apparaître dans de nombreux programmes TV.”

Il reste à ce jour un personnage public bien connu au Japon, et sa popularité a contribué au développement du tir à l'arc olympique dans le pays, favorisé par un système scolaire et universitaire bien organisé.

“Ce que je peux faire, c'est essayer de promouvoir le tir à l'arc à travers la télévision et les médias. Mais la promotion la plus efficace (du tir à l'arc) reste toujours les superbes matchs des Jeux Olympiques diffusés dans le monde entier,” dit-il. 

Yamamoto a continué à tirer, remportant une médaille d'or par équipe lors d'une étape de Coupe du Monde en 2006.

Il est devenu professeur d'université, et en 2010, à l'âge de 47 ans, a commencé des études en physiologie pour finalement devenir médecin à l'âge de 52 ans. Il est également conseiller pour le comité d'organisation des Jeux Olympiques de Tokyo 2020.

Mais il n'en a pas terminé avec le tir à l'arc, pas du tout.

Alors qu'il tentait de se qualifier dans l'équipe du Japon pour Londres 2012, il avait été en proie à des blessures.

“Je tire encore 4 à 6 jours par semaine, quand j'ai le temps, et je tire 100 à 300 flèches ces jours-là. Compétiteur dans l'âme, et je vais travailler dur pour me qualifier comme athlète pour les Championnats du monde en 2017, et j'espère participer aux Jeux de Tokyo en 2020, j'aurai alors 57 ans,” a déclaré Yamamto.

Il a aussi un dernier conseil à donner: “Le sport laisse une grande impression sur les athlètes, les supporters et les spectateurs. L'impression que vous donnez est proportionnelle à l'ampleur de l'effort. Afin de faire la plus forte impression, pour atteindre les plus grands objectifs, vous allez devoir travailler très dur!”