Ana María RENDON : “J’espère me hisser dans les quinze premières du classement mondial”

Comme tous les archers colombiens, Ana María RENDON est impatiente de voir la Coupe du Monde arriver pour la première fois dans son pays, ce qui constitue également la première fois qu’un tel événement aura lieu sur sol sud-américain.
A 27 ans, Ana María fait partie de cette génération talentueuse d’athlètes latino-américains qui espère être couronnés lors de cette prochaine étape de Medellin. Auteure d’un très joli parcours à Antalya, elle a néanmoins été sortie en 1/8 de finale par la Russe Inna STEPANOVA.

 

Medellin se prépare à recevoir la troisième étape de Coupe du Monde le mois prochain. Que suppose un tel événement pour toi ?

Pour toute la Colombie et pour moi en particulier, il s’agit d’une immense opportunité que de voir la Coupe du Monde arriver à Medellin. C’est aussi une grande réussite pour la Fédération colombienne et pour le tir à l’arc de notre pays. Cela représente également un avantage que de tirer à domicile et de pouvoir ressentir l’énergie colombienne.

 

Ressens-tu une pression supplémentaire avec ta participation à cette Coupe du Monde, chez toi à Medellín ?

Je ne le ressens en aucun cas comme de la pression ; au contraire je le ressens comme une énergie positive et comme un soutien.

 

Medellin aspire également à organiser les Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ) en 2018 ; décision qui tombera le 4 juillet prochain, quelques jours avant l’étape de Coupe du Monde. Comment est-ce que les Colombiens vivent cette candidature et la possibilité d’accueillir ces Jeux ?

Les gens sont très enflammés à l’idée d’organiser les Jeux. Le 23 juin, la ville organise une course pour la journée olympique pour laquelle 30’000 personnes  seront attendues ; je suis moi-même déjà inscrite. Je crois sincèrement que nous sommes sur la bonne voie et nous avons de très grandes chances d’organiser les JOJ. Medellin a fait d’énormes efforts et s’est beaucoup améliorée. C’est une jolie ville qui vit pour le sport et a les yeux tournés vers les JOJ, et ils sont là, tout près.

 

Que dirais-tu aux gens qui doutent de la capacité d’organisation et d’accueil de la Colombie, à cause des problèmes du passé ?

Je crois que chaque pays à ses problèmes, et Medellin et la Colombie ont beaucoup avancé. Nous avons été élue ville la plus innovatrice au monde, avec tout ce que cela implique. Les gens ont commencé à prendre conscience de l’importance des JOJ, de notre réseau de métro et de l’aspect culturel que tout cela dégage. C’est une ville nouvelle, un très beau pays à découvrir, et les gens qui nous rendent visite ont envie de rester. Alors, que personne n’aie peur, vous allez aimer notre pays, vous vous y sentirez bien et en sécurité.

 

Que vises-tu cette saison ?

J’espère me hisser dans les quinze premières du classement mondial. Ici à Antalya, j’ai réussi à me placer dans les seize premières, alors je suis sur le bon chemin, et à Medellin je vais tout donner.

 

Comment décrirais-tu la progression du tir à l’arc colombien ces dernières années ?

La progression a été assez forte depuis environ huit ans, depuis que nous avons commencé à travailler avec des entraîneurs coréens. Aux Jeux de Pékin, nous avons livré une excellente prestation ; ensuite, aux Jeux de Londres, nous avons eu quelques problèmes avec la Fédération, mais nous les athlètes avons réussi à surmonter ces difficultés pour arriver là où nous sommes aujourd’hui. Personnellement, j’ai un entraîneur colombien qui n’a malheureusement pas pu venir en Turquie, et je dois dire que les enseignements des Coréens sont très bien adaptés aux particularités des Colombiens et au mode de vie latino-américain. Au final, les progrès observés sont énormes et nous visons toujours plus haut.

 

A ce jour, quel est le succès dont tu te sens la plus fière ?

Je suis fière de plusieurs choses : la qualification pour les Jeux de Pékin a été spectaculaire et l’équipe a été fantastique. Nous avons affronté les Coréennes, nous nous sommes présentées devant elles dans un état d’esprit très serein, parce que nous savions qu’il n’était pas possible de les battre. Par contre, la meilleure équipe vaincue allait être repêchée pour le tour suivant. Au final, nous avons très bien tiré et avec le meilleur score des équipes vaincues, nous avons décroché notre qualification ; c’était une joie immense. Les Jeux de Londres ont été très compliqués, avec un premier tour qui a fini en barrage où j’ai décoché un 10 et la qualification à la clé. Et Antalya cette année ne pourrait pas être plus gratifiante, avec une excellente qualification et une épreuve FITA dans laquelle j’ai obtenu mon record personnel et un record national, le troisième de ma carrière. Même si j’ai perdu en 1/8 de finale, je suis très contente parce que j’ai réalisé du très bon travail et il ne me manque plus grand-chose. A Medellín, je vais y arriver !

 

Si l’on te donnait le choix d’obtenir un grand succès cette saison, lequel serait-ce ?

Championne du monde à Belek Antalya ! Et pour la suite, obtenir une médaille olympique, voilà mon but.

 

World Archery Communication