Rio 2016 à travers les yeux d’un coach olympique

12 août 2016
Rio de Janeiro (BRA)
Derrière chaque athlète qui participe aux Jeux Olympiques de Rio 2016 se trouve un staff complet, s’assurant qu’ils ne manquent jamais de rien.

Aux Jeux, les archers monopolisent l’attention parce que, après tout, ce sont eux les olympiens, les stars, les vainqueurs et la crème de la crème de leur sport. Ils s’entraînent, vont en compétition, célèbrent leurs exploits et, bien entendu, sont mécontents quand les choses ne se déroulent pas comme prévu.

Mais il existe une autre personne qui, en silence, ressent les mêmes choses quand il se tient derrière eux et la ligne de tir. C’est le coach, qui joue un rôle critique dans le processus, pas seulement aux Jeux Olympiques mais dans toutes les compétitions de tir à l’arc.

Au fur et à mesure qu’ils voient leurs archers avancer dans les matchs, cinq coaches olympiques évoquent avec nous ce que signifient les Jeux de leur point de vue.

La Confiance mutuelle

Wietse van Alten a été médaillé de bronze à Sydney en 2000. A Rio, il est l’entraîneur principal de l’équipe italienne qui compte six athlètes en compétition – trois hommes et trois femmes.

The most important thing between a coach and an athlete, said Wietse, is trust. If this doesn’t exist a coach could try everything he or she considers is good for the archer, but things would never work.

Et de cette confiance mutuelle vient la confiance en soi, quelque chose que Wietse considère comme nécessaire si un athlète veut gagner.

“Gagner une médaille demande de la confiance au regard des efforts que l’archer a fourni. Il y a aussi une grande part de passion également, parce que tu dois aimer ce que tu fais pour l’exécuter correctement,” dit-il.

Un mental d'acier

Double médaillé de bronze olympique par équipe, Richard Priestman suit les Britanniques Naomi Folkard et Patrick Huston à Rio 2016. Aujourd’hui en tant que coach, il vit les Jeux d’une autre façon.

Appréciant un événement qu’il considère comme “fantastique”, selon lui, la différence entre celui qui gagne et celui que perd est la force mentale.

“Je pense que les archers doivent croire fermement à la victoire,” dit-il. “Beaucoup d’archers espèrent juste bien tirer, mais les archers qui tirent pour gagner y arrivent vraiment et ça, c’est une différence de taille. La victoire demande de la détermination et un bon mental.”

“Un coach doit les aider à aller dans cette direction.”

Trouver l'équilibre

Luis Eduardo “Lalo” Velez a fait partie de l’équipe masculine du Mexique qui a terminé quatrième aux Jeux Olympiques de Londres en 2012.

Pour ses deuxièmes Jeux d’affilée, dorénavant en tant que coach, Luis apporte son soutien derrière la ligne de tir au seul archer à Rio Ernesto Boardman, qui s’est incliné au premier tour face au Cubain Adrian Puentes.

Quand les choses ne se déroulent pas comme prévu, explique Luis, la meilleure chose à faire en tant que coach est de donner à l’archer du temps pour assimiler les choses et s’épanouir de la meilleure façon.

“Après leur avoir donné du temps, notre mission est de les aider à remettre de l’équilibre dans leur vie, de les aider à faire ce qu’ils veulent faire après, en les guidant toujours du mieux qu’on peut. En tant que coaches, nous sommes leur soutien et ils doivent le savoir, ils devraient savoir qu’ils peuvent nous faire confiance,” explique Lalo.

Présence inconditionnelle

Coach olympique pour la deuxième fois, Mel Nichols se tient derrière l’équipe des Etats-Unis au Sambodrome, soutenu par l’entraîneur en chef Kisik Lee.

Avec sa spontanéité amicale caractéristique, Mel dit que tous les archers en compétition à Rio - les 64 hommes et les 64 femmes - sont déjà des vainqueurs.

“Ils sont aux Jeux Olympiques et c’est comme ça qu’on le voit. Le reste est plus du bonus,” soutient-il. L’équipe américaine a été déchirée lors du second match de l’épreuve individuelle lorsque Brady Ellison et Jake Kaminski ont eu à s’affronter, pour une victoire de Brady.

“That plays the hardest thing for a coach out there, because we are going to get knocked out.”

’C’est vraiment la chose la plus compliquée pour un coach, parce qu’on va forcément en perdre un, et maintenant, ce vendredi, Brady va encore tirer contre Zack Garrett et encore une fois l’un des deux va devoir s’arrêter là.

“Peu importe le résultat ou quelle que soit la situation, nous sommes  là uniquement pour les archers. Durant les Jeux, nous allons nous réveiller tôt, regarder la météo, faire que tout soit prêt, que tout le monde soit présent au petit-déjeuner ou ait bien mangé quelque chose, s’assurer qu’ils prennent le bus à l’heure, qu’ils s’entraînent et qu’ils rentrent dans la compétition.”

La récompense

Il n’y a rien de plus gratifiant aussi bien pour l’athlète que pour le coach de voir qu’à la fin le travail paie.

“En tant que coach, j’estime ces Jeux comme une expérience énorme et mémorable car mon athlète, Ricardo Soto, a réalisé un nouveau record national durant l’épreuve de classement,” se satisfait Martin Frederick, coach en chef du tir à l'arc chilien.

“C’est bien d’avoir réussi cela ici parce que ce n’est pas une petite compétition, ce sont les Jeux Olympiques! C’est le bon moment, en regard du travail effectué et de l’entraînement si dur pendant des années.”

Ricardo, le plus jeune athlète en lice dans les épreuves de tir à l’arc aux Jeux Olympiques 2016, a remporté ses deux premiers matchs individuels pour atteindre les 1/8e de finale et faire partie des seize meilleurs, et une nouvelle page de l’histoire de son pays. Il termine neuvième du classement final.