Qu’avons-nous appris du site de tir à l’arc aux Jeux Olympiques de Tokyo 2020?

16 juillet 2019
Tokyo, Japan
L’épreuve test Ready Steady Tokyo a donné une première impression du futur site de compétition olympique.

Le terrain de tir à l’arc des Jeux Olympiques et Paralympiques de 2020 à Tokyo se trouve dans le parc Yumenoshima. C’est un espace vert qui héberge un ensemble d’installations sportives dans le sud-est de la ville, dans une région appelée Koto.

La moitié du site de compétition olympique, le terrain des qualifications, sera maintenu après les Jeux Olympiques comme terrain de tir à l’arc permanent.

L’arène des finales et ses installations, tribunes et bâtiments administratifs situés aux alentours sont tous temporaires. Ils seront démontés après l’événement et l’espace sera converti en piste de course selon la carte du parc.

Cela marque une certaine distanciation d’avec les sites emblématiques des deux dernières éditions des Jeux. La compétition de tir à l’arc de Rio avait eu lieu au Sambodrome, stade où se déroule les parades du carnaval et profondément inscrit dans la culture carioca. Quatre ans auparavant, à Londres, c’est le terrain du Lord’s Cricket Ground, vieux de 200 ans, qui avait accueilli l’épreuve olympique.

Dans la ville moderne de Tokyo, le site du tir à l’arc est nouvellement construit et réalisé sur mesure. Il a été conçu pour le présent et pour l’avenir. Les participants à l’épreuve test Ready Steady Tokyo sont les premiers non-japonais à en faire l’expérience.

Lors des Jeux, l’entraînement débute environ une semaine avant la compétition. Ce test est la seule occasion offerte aux potentiels olympiens d’en apprendre davantage sur l’environnement et d’obtenir le moindre petit avantage sur leurs futurs concurrents.

Le terrain des qualifications

Le terrain des qualifications sert pour l’entraînement ainsi que pour l’épreuve de classement. Les 128 athlètes y passeront la majorité de leur temps durant les Jeux Olympiques.

Si l’on en juge par le score de Jeon Ina lors de l’épreuve test Ready Steady Tokyo, ce terrain pourrait bien être apprécié par les archers. La Coréenne a en effet terminé en tête des qualifications féminines avec 688 points dans des conditions calmes mais humides.

“Je pense que le terrain sera assez bien protégé, mais que le vent sera difficile à lire,” a déclaré Brady Ellison. “Toute la semaine, on a eu du vent de face. Avec le grand mur du fond derrière les cibles, vous ne le voyez pas souffler sur les drapeaux de cibles, jusqu’à ce qu’il arrive du côté et que ce soit un vrai vent latéral.”

“Il faudra donc beaucoup compter sur sa propre perception et ensuite les drapeaux de chaque côté du terrain. Globalement, je pense qu’on va pouvoir réaliser de gros scores ici.”

Les grandes performances sont récemment devenues une tradition dans la compétition masculine aux Jeux Olympiques.

Im Dong Hyun a réussi 699, un nouveau record du monde, lors des qualifications à Londres en 2012, avant que Kim Woojin ne franchisse la barre des 700 points pour la première et unique fois à ce jour en 2016 à Rio.

Le niveau peut-il vraiment s’élever une troisième fois consécutive?

Si c’est le cas, celui qui fera 701 ou plus devrait avoir une étoile gravée dans le sol pour toujours. Parce que ce terrain, avec son magnifique abri réservé aux athlètes et son bureau d’observation, est une installation permanente. C’est l’héritage du tir à l’arc à Tokyo 2020.

Le terrain est beaucoup plus large que nécessaire pour les Jeux. Lors de la compétition olympique, il ne faut que 32 cibles pour les 64 archers en compétition dans chaque catégorie (deux par cible). Avec une partie de l’espace occupé par une douzaine de cibles à courte distance pour l’échauffement lors de cette épreuve test, il restait encore assez de place pour 42 cibles d’entraînement.

Après les Jeux, le terrain de tir à l’arc du parc de Yumenoshima devrait pouvoir, si nécessaire, accueillir 64 cibles côte à côte.

Le terrain des finales

Chaque athlète participant aux Jeux Olympiques dispose de 30 minutes pour s’entraîner sur le terrain des finales avant le début des matches. Ce processus est appelé familiarisation.

L’unique autre possibilité pour un archer de tirer dans l’arène olympique, c’est lors de l’épreuve test, un an auparavant. Et oui, les conditions sont très différentes. Il n’y a pas de gradins, le décor est temporaire et l’ambiance inexistante.

Mais c’est une chance de se faire une idée de référence du lieu.

Et ceci est crucial aux Jeux, car contrairement à d’autres tournois internationaux de tir à l’arc, où les premiers tours éliminatoires se jouent sur le terrain des qualifications, tous les matches des Jeux Olympiques se déroulent dans l’arène des finales. Il n’y a pas de temps d’adaptation. Chaque flèche compte.

“Je pense que vous gagnez un certain avantage simplement avec le caractère familier de la situation. Vous avez foulé le terrain, vous savez à quoi vous attendre,“ a dit Brady. “Tout ce qu’on apprend du vent, on pourra le prendre avec nous l’année prochaine. Tandis que si vous n’avez pas vu le terrain, vos coéquipiers peuvent bien vous en parler, mais vous le vivrez quand même pour la première fois.”

Lors des Jeux, le pas de tir dans l’arène devrait être environ deux fois plus grand que celui de l’épreuve test. Protégée par des gradins et une multitude de constructions, dessinées en blanc cette semaine sur le sol, la dynamique du vent devrait changer. Mais il est assez facile d’imaginer l’impressionnante configuration du lieu.

“Je suis excité parce que je pense que le Japon a une grande histoire de tir à l’arc qui va avec. Et je suis excité à l’idée que les fans ici vont le comprendre et le savoir, et qu’ils voudront venir nous voir durant la compétition,” a expliqué Brady. “J’espère qu’ils feront du bruit. Je veux que l’ambiance soit tellement bruyante l’année prochaine, que je suis excité pour cela.”

Les transports

Tokyo est une ville gigantesque dotée d’un excellent système de transports en commun, bien que très fréquentés. Le parc Yumenoshima est situé juste à côté de l’arrêt Shin Kiba sur les lignes Keiyo, Rinkai et Yurakucho.

(Il y a quelques petits magasins de ramen, de soba et de nouilles udon dans la station elle-même. C’est un renseignement précieux.)

Il ne faut que 10 minutes pour rejoindre le centre de Tokyo en train rapide et 30 minutes pour traverser la ville jusqu’au célèbre point de passage de Shibuya. Les athlètes séjournant dans le village seront à seulement 20 minutes en voiture.

Les sites olympiques pour les sports aquatiques et le canoë-slalom sont facilement accessibles à pied depuis le parc Yumenoshima. Le volley-ball, l’aviron et l’équitation ne sont eux qu’un tout petit peu plus loin.

Le tir à l’arc sera en plein cœur de l’ambiance olympique aux Jeux de Tokyo 2020. Les terrains de compétition, l’un construit pour servir le sport sur le long terme et l’autre créé pour le spectacle des Jeux, promettent d’offrir l’environnement professionnel dans lequel les athlètes peuvent performer à leur meilleur niveau.

‘Yumenoshima’ signifie ’île de rêve’. Les Jeux Olympiques de Tokyo 2020 deviendront eux rapidement réalité.

L’épreuve test Ready Steady Tokyo se déroule du 11 au 18 juillet 2019 sur le site des Jeux Olympiques et Paralympiques 2020 à Tokyo, au Japon.