Marcus D’Almeida veut faire Paris sienne

Marcus d’Almeida was named athlete of the year 2023 by Brazil Olympic Committee.

ATHLETE SPOTLIGHT est présenté par WIAWIS.

Son année 2023 fut couronnée de succès. Désormais, il rêve du sacre à Paris.

Élu archer de l’année par World Archery et lauréat du prix du sportif brésilien de l’année, décerné par le Comité Olympique du Brésil, le numéro un mondial brésilien Marcus D’Almeida est pleinement focalisé sur les Jeux Olympiques de Paris 2024.

“Ce seront mes troisièmes Jeux,” explique-t-il. “J’y arriverai avec beaucoup d’expérience, dans un cycle où j’ai acquis énormément de choses.”

“Ce ne sera pas seulement le moment de Paris, ce sera aussi mon moment.”

Marcus D’Almeida donne le ton. Son sourire affable, sa démarche paisible ne masquent pas un regard d’ambre déterminé. L’impression d’une force tranquille, qui ne doute pas.

Il faut dire que le prodige brésilien sort d’une année 2023 comme il n’en a jamais connue. Une année où il a passé 11 mois sur 12 à la place de numéro un mondial. Alors, 2024 tout juste entamée, ses pensées sont forcément tournées vers Paris.

Il s’y rendra avec comme bagage son parcours déjà très fourni. Un parcours de champion.

Marcus D’Almeida at home Games in Rio 2016.

Le chemin de Marcus D’Almeida a commencé tôt. Alors qu’il ne rêve que de Coupe du Monde de football, dans le pays du ballon rond, il commence à tirer à l’arc.

En 2012, âgé de 14 ans, il découvre à la télévision son idole dans l’archerie: son compatriote Daniel Xavier, qui participe aux Jeux de Londres.

Quatre ans plus tard, alors qu’il n’a que 18 ans, le Brésilien est sélectionné pour les Jeux de Rio, chez lui, dans sa ville natale, aux côtés de son modèle qui plus est. Le souvenir de ces Jeux à domicile est ancré à jamais en lui.

“Je pense que les Français vont ressentir la même chose que moi: c’est une expérience unique,” explique-t-il. “Tout le monde est là, en plus de ta famille, et pour moi, il y avait même un groupe d’une école de samba qui était venu jouer, des familles de mon quartier…”

Malgré l’absence de médaille, le jeune Marcus apprend et progresse aux côtés de Daniel Xavier. S’il n’envisage pas encore de pouvoir vivre du tir à l’arc, il observe tout de même l’éthique de travail d’un professionnel.

“C’est quelqu’un qui s’entraîne beaucoup,” raconte-t-il. “Il m’a enseigné ce que signifie réellement s’entraîner, le volume de flèches tirées.”

“Quand je l’ai connu, le tir à l’arc était sa principale activité, et au Brésil, ils étaient peu à se consacrer entièrement au tir. C’était motivant de le côtoyer.”

Aux côtés d’un autre olympien, Bernardo Oliveira, ils mettent fin ensemble à 32 ans de disette brésilienne aux Jeux panaméricains en décrochant le bronze par équipe à Toronto, en 2015. 

Avant que Marcus prenne, seul, son envol.

Sept ans et 7 médailles individuelles plus tard (dont 4 en or), le jeune carioca tisse un lien puissant avec Paris.

En 2022, il remporte la première étape de Coupe du Monde de sa carrière, au sein de la capitale française. Un moment qui l’a marqué.

“C’est un super souvenir,” se souvient-il. “En finale, les Français, les Parisiens ont décidé de me soutenir.“ 

“Quand j’ai gagné, j’ai mis du temps à pouvoir sortir du pas de tir parce que tout le monde voulait une photo, un autographe, me féliciter, me dire un petit mot.”

À 26 ans, le jeune homme sait combien il est rare de développer une relation spéciale avec le public. Il espère dès lors l’entretenir dans cinq mois, lors des prochains Jeux Olympiques.

“Ça n’arrive pas partout,” concède-t-il. “La plupart du temps, quand la compétition est finie, les gens s’en vont simplement. Mais j’ai senti que les Français ont aimé ce qu’ils ont vu, qu’il y a un vrai amour pour le tir à l’arc à Paris.”

“Tout ça m’a rendu heureux. Maintenant je me dis qu’ils vont peut-être me soutenir encore pendant les Jeux! (rires)”

Mais le numéro un mondial sait qu’avant lui, les Français soutiendront forcément leurs archers tricolores. Jean-Charles Valladont ou Lisa Barbelin devront aussi gérer la pression populaire.

Marcus D’Almeida wins first international World Cup stage in Paris 2022.

Fort de ses succès, de son expérience du plus haut niveau, D’Almeida a appris à apprivoiser les grands évènements.

Il le sait, l’enthousiasme du public, mais aussi son attente envers ses favoris, ne doivent pas devenir des obstacles à la performance.

“Aux Jeux de Rio, tout le monde voulait parler avec moi, jusqu’aux bénévoles, les employés des restaurants, tout le monde essaie de t’aider encore plus. On sent cela, quand on est du pays hôte, ce soutien total.” 

“Il y a une énergie forte autour de toi, une belle énergie,” poursuit-il. “Pour autant, il faut aussi savoir gérer la situation, parce que ça change de ce à quoi on est habitué.”

“Parfois, ça peut devenir un peu trop, ça peut aussi déconcentrer. Il faut pouvoir le contrôler.”

Avant de citer une expression brésilienne: ‘Un cheval fatigué peut quand même gagner.’ 

“Même quand on se sent usé par cette énergie, il faut pouvoir aller performer,” explique-t-il.

Des préceptes que Marcus a manifestement lui-même su maîtriser, puisque l’an passé, il a décroché l’or en Coupe du Monde à Shanghai et Paris, ainsi qu’aux Championnats du Monde de Berlin, avant de remporter la Finale de la Coupe du Monde à Hermosillo, au Mexique.

Marcus D’Almeida became Hyundai Archery World Cup Champion in 2023.

D’Almeida ne rêve désormais que d’une chose: offrir au public français la meilleure version de lui-même.

Et contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, il ne rêve pas nécessairement d’une médaille.

“En réalité, je rêve simplement de produire le meilleur tir dont je suis capable aux Jeux,” confie-t-il. “Car je sais que si je tire le mieux possible, le résultat viendra.”

“Je ne veux pas me mettre de pression. Je veux juste donner le meilleur de moi-même.”

Pour conclure un cycle fantastique, fait de si nombreux succès, de Rio à Paris, de sa ville natale à celle qui l’a adopté. 

“Paris est une ville iconique pour les Brésiliens,” conclut-il. “C’est un des endroits les plus célèbres du monde.”

“Rien ne me rendrait plus heureux que de marquer l’histoire, en France, à Paris, aux J.O. 2024.”

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