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14 avril 2010 - Vanessa LEE (CAN): “Le tir à l'arc est un exemple pour d'autres sports olympiques”

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Vanessa LEE (CAN): “Le tir à l'arc est un exemple pour d'autres sports olympiques”   Par Vanahé ANTILLE, Communication FITA   Vanessa LEE est une jeune archère canadienne qui a participé à l'étape de Coupe du Monde d'Antalya et aux Championnats du Monde Universitaires en 2008. Gagnante du concours de vidéo du Congrès Olympique, elle a été invitée à Copenhague en octobre pour assister à ce congrès. Nous l'avons questionnée sur l'Olympisme, sur son expérience à Copenhague et sur le tir à l'arc. Vanessa LEE avec le Président du CIO Jacques ROGGE à Copenhague  Félicitations, Vanessa, pour ta victoire au concours de vidéos sur l'avenir des Jeux Olympiques! Tout d'abord, peux-tu résumer le message de ta vidéo pour nos lecteurs? Le message principal, c'est que les Jeux Olympiques ont un bel avenir devant eux! Je prévois d'abord que les Jeux Olympiques vont rester le plus grand événement sportif du monde. Je prédis aussi que les athlètes des pays en développement vont non seulement participer à un plus grand nombre d'épreuves, mais qu'en matière de performances, ils vont élever les standards par rapport aux autres athlètes. Je m'intéresse à l'avenir de la jeunesse dans le sport de compétition et prédis que les Jeux Olympiques de la Jeunesse seront une bonne manière pour que les athlètes embrassent déjà très jeunes les valeurs olympiques et l'olympisme. Je parle ensuite de la possibilité de réunir le monde à travers les différents moyens de communication et la diffusion des Jeux Olympiques. Enfin, je mentionne qu'à mon avis, les Jeux Olympiques seront un jour organisés dans des pays en développement qui accueilleront le monde entier.   Parle-nous de ton voyage au Congrès Olympique de Copenhague. En tant qu'athlète et étudiante, qu'as-tu retenu de cette expérience? C'était une expérience incroyable d'être dans une salle avec certains des hommes les plus influents de la planète ainsi que des personnes qui ont tant apporté au monde du sport. Les gens présents au congrès cherchaient un moyen d'améliorer le Mouvement Olympique, ce qui était à la fois une leçon d'humilité et une source d'inspiration. En tant qu'athlète, cela m'incite à travailler dur pour réaliser mon rêve olympique. J'ai vu combien travaillent le CIO, les Comités Nationaux Olympiques et les Fédérations Sportives Internationales, et cela m'a donné encore plus envie de faire partie du Mouvement Olympique. Cela m'encourage avant tout à faire de bonnes études pour faire peut-être partie un jour de la Commission des Athlètes ou d'un autre secteur du CIO.     A Copenhague avec le Président de la FITA le Prof. Dr. Ugur ERDENER et le Secrétaire Général M. Tom DIELEN  Au cours du Congrès Olympique, j'ai essayé de représenter au mieux les jeunes archers du monde entier. Et pendant une des sessions en groupe restreint, j'ai pris la parole devant de nombreux délégués et membres du CIO. J'ai parlé des choses positives que le tir à l'arc m'apporte dans la vie. J'ai expliqué comment j'ai commencé ce sport, comment, alors que je regardais les Jeux Olympiques 2004 à la télévision, PARK Sung Hyun m'a inspirée à devenir plus forte. Je voulais montrer aux délégués du congrès que la jeunesse ne s'intéresse pas qu'à l'aspect "loisir" du sport, mais qu'elle peut aussi être attirée par des modèles de réussite, et que le sport est une bonne école de vie. Parmi les bonnes choses que le tir à l'arc m'a appris, j'ai cité la discipline, la confiance en soi, le fair-play et même l'intérêt pour les autres cultures. Une leçon que le tir à l'arc me donne aujourd'hui, c'est qu'on apprend de ses erreurs. J'ai réalisé que si le succès aide à prendre confiance, apprendre de nos erreurs nous donne une force intérieure que même nos doutes les plus profonds ne peuvent éteindre. Le tir à l'arc est un sport qui m'a vraiment appris des valeurs que je garderai pour le restant de ma vie. J'espère vraiment avoir fait une bonne promotion du tir à l'arc. Prendre la parole pendant cette session de discussion a été un des meilleurs moments de mon voyage à Copenhague!   D'où t'es venue la réflexion sur les pays en développement? J'ai toujours été inspirée par le Président du CIO, Jacques ROGGE, qui a répété plusieurs fois qu'il aimerait voir des pays en développement accueillir les Jeux Olympiques. J'espère voir cela un jour! Les Jeux ne sont pas juste réservés à un nombre de pays restreint, il y a 205 Comités Nationaux Olympiques, mais seul un petit nombre d'entre eux ont déjà accueilli les Jeux. Je suis enchantée du choix de Rio de Janeiro comme ville hôte des Jeux Olympiques 2016! C'est la première fois que les Jeux se tiendront en Amérique du Sud. Je pense que le CIO a fait là un immense pas dans la bonne direction. Par ailleurs j'espère participer à ces Jeux en tant qu'archère!   Que peux-tu dire des pays en développement dans le tir à l'arc? Le tir à l'arc est un exemple pour d'autres sports olympiques. On l'a vu, le nombre de pays des quatre coins du monde où l'on pratique notre sport a énormément augmenté — et il ne cesse de grandir! L'avantage du tir à l'arc, c'est que l'entraînement ne nécessite pas d'installations coûteuses, ce qui signifie que les obstacles à la pratique du tir sont minimes! Certes, les arcs de compétition d'élite sont chers. Mais je pense que les Jeux Olympiques ont entraîné une augmentation de la pratique du sport de masse. Et à ce niveau, le matériel de tir à l'arc n'est pas très cher.   Que penses-tu des Jeux Olympiques de la Jeunesse? Je pense que c'est une excellente manière pour que les jeunes s'intéressent au sport de compétition, en leur donnant un objectif à leur portée! Je suis très enthousiasmée par tous les programmes d'éducation que le CIO va offrir aux athlètes lors des Jeux Olympiques de la Jeunesse. La jeunesse aura là une occasion de découvrir le Mouvement Olympique et ses valeurs.   Le champion olympique 1988 Jay BARRS (USA) a exprimé ses craintes quant à la participation de la jeunesse à de telles compétitions: “Si les jeunes ont déjà tout gagné au niveau junior et qu'ils ne gagnent pas dès qu'ils arrivent dans la catégorie senior, ils risquent de perdre leur motivation.” Qu'en penses-tu, toi qui es une jeune archère? Je pense qu'il est important de donner aux jeunes beaucoup d'occasions de disputer des compétitions d'élite, et les Jeux Olympiques de la Jeunesse en sont une de plus. On ne peut pas savoir si les champions juniors vont continuer la compétition, mais je préfère quand même qu'ils reçoivent ce type d'opportunités. De plus, le CIO est en train de mettre en place des programmes d'éducation pour sensibiliser à des valeurs autres que la victoire et le succès. Je pense que ces efforts vont aider les jeunes à continuer le sport et à rester motivés pour la compétition senior.   Que penses-tu de l'évolution du tir à l'arc, avec la création de la Coupe du Monde et l'adoption d'un nouveau règlement au dernier Congrès de la FITA? Je pense que la FITA fait un bon travail avec le lancement de la Coupe du Monde et l'adoption du nouveau format des matchs en sets, dans le but d'attirer plus de couverture médiatique et de public. Là encore, le tir à l'arc donne l'exemple, en montrant qu'un sport peut évoluer. L'évolution ne s'arrête pas à la Coupe du Monde et au nouveau format des matchs, il y a aussi Archery TV et la diffusion de vidéos des tournois internationaux sur YouTube!   Comment as-tu commencé le tir à l'arc? Est-ce une tradition dans ta famille? Je suis la première de ma famille à faire du tir à l'arc. En 2004, j'ai rendu visite à ma famille et mes amis en Corée du Sud pendant les Jeux Olympiques d'Athènes. Plutôt que de faire du tourisme, je suis restée enfermée devant la télé parce qu'il faisait mauvais temps. J'ai regardé PARK Sung-Hyun gagner la médaille d'or individuelle et tirer un 10 pour offrir la victoire à l'équipe de Corée du Sud! Cela m'a donné envie de lui ressembler, pas tant pour les qualités athlétiques qu'elle a affichées, mais pour sa maîtrise d'elle-même et sa confiance. Je me suis mise à économiser de l'argent pendant mes vacances en Corée parce que je voulais m'acheter un arc dès mon retour au Canada. Je n'avais jamais tiré la moindre flèche. Pour être honnête, la première fois que j'ai tiré n'a pas été aussi brillante que j'avais imaginé — je me suis cogné le bras et ma flèche s'est plantée loin du centre. Mais il y a un début à tout, n'est-ce pas? Je suis une amoureuse du tir à l'arc depuis que j'ai vu PARK sur cet écran de télévision. C'est un sport tellement juste qui exige beaucoup de travail et de sacrifices et BEAUCOUP de patience, mais je n'ai jamais songé à arrêter. Le tir à l'arc fait vraiment partie de moi (à droite: en pleine action à l'étape de Coupe du Monde d'Antalya).   Toi qui es une Coréenne née au Canada, as-tu profité d'une manière ou d'une autre de l'excellente coréenne en tir à l'arc? J'ai eu l'occasion d'aller m'entraîner en Corée pendant 6 mois l'année passée! En 2008, aux Championnats du Monde Universitaires à Taiwan, j'ai tiré contre CHANG Hye-Jin, l'archère classée no 1. J'ai perdu, mais son entraîneur m'a dit que j'avais du talent et m'a donné ses coordonnées. Après mon retour au Canada, nous avons gardé contact, et elle m'a proposé de venir m'entraîner avec l'équipe de son université! Ça a été une expérience très enrichissante, j'ai tellement appris sur le sport: sur la manière de tirer, les techniques d'entraînement, la discipline. Mais le meilleur enseignement que j'ai reçu, c'est que je dois trouver ma propre forme — comprendre chaque aspect de ma technique, ce qui marche pour moi ou non, et surtout m'assurer que ma manière de tirer est vraiment celle qui me convient le mieux.   Pendant ton séjour en Corée, as-tu rencontré PARK Sung Hyun? Oui! Quand je m'entraînais en Corée, j'ai suivi l'équipe de mon université sur un tournoi national et là, j'ai rencontré PARK. Elle a été très gentille! Je suis même restée dormir chez elle une fois, après une journée de pêche avec son mari, PARK Kyung-Mo, et elle m'a préparé le petit-déjeuner! Elle est vraiment simple et plaisante. Par la suite, elle m'a envoyé un colis avec deux de ses maillots de l'équipe nationale, des chapeaux et des tenues d'entraînement.   Quel genre de conseils t'a-t-elle donné? Elle m'a beaucoup encouragée et continue de m'inspirer à être la meilleure possible. Elle a souligné combien il est important de se connaître soi-même ainsi que sa technique de tir. Elle a aussi mentionné l'importance de tenir un journal lors de l'entraînement. Depuis, j'écris dans mon journal les changements que j'apporte à ma manière de tirer et ce que je ressens quand j'applique ces changements. Je note aussi mon état mental durant chaque séance d'entraînement — si j'étais tranquille et détendue ou si j'avais des pensées négatives. Je trouve que ça aide beaucoup, dans les périodes difficiles, de pouvoir voir quelles solutions avaient été trouvées dans chaque situation.   Cela nous mène à ton entraînement. Comment se déroule une semaine type? L'été, je m'entraîne deux fois par jour, six jours par semaine. Je me concentre surtout sur le tir et la préparation mentale. L'hiver, je m'entraîne quatre à cinq fois par semaine, en me concentrant plus sur la technique, le physique, et l'aspect mental. Je ne peux pas m'entraîner autant l'hiver que l'été à cause de mes études, mais j'essaie de rentabiliser mon temps au maximum.   En quoi consiste ta préparation mentale? Ma préparation mentale n'est pas spécifique au tir à l'arc, mais concerne plutôt mon état d'esprit quotidien. Je travaille à éliminer les pensées négatives et me concentre sur une pensée plus productive et positive. Mon entraîneur m'a recommandé certains livres très utiles qui m'ont beaucoup aidée. Ces livres s'adressent aux athlètes en général. Un de ceux qui m'a le plus servi était dirigé vers les golfeurs, et comme le tir à l'arc et le golf ont tant de similitudes, j'ai facilement pu m'y identifier.   Qu'est-ce qui te plaît le plus dans la compétition internationale? J'aime rencontrer des archers du monde entier! Je n'ai pas encore participé à beaucoup de compétitions internationales, et je suis encore très loin des meilleures archères du monde — mais j'adore l'ambiance de ces compétitions. Le Président de la FITA, le Prof. Dr. ERDENER, m'a invitée à l'étape de Coupe du Monde d'Antalya en juin prochain, et je serai très honorée d'y aller. J'espère aussi aller à Ogden et Shanghai.   Quels sont tes objectifs dans le tir à l'arc? J'espère devenir une personne plus complète grâce au tir à l'arc. J'aimerais atteindre mon plein potentiel en tant qu'archère, que cela me mène au bas du classement ou au sommet. Mais j'espère vraiment participer aux Jeux de Londres 2012 et à ceux de Rio en 2016.   Que fais-tu en dehors du tir à l'arc? J'étudie l'éducation physique et la santé à l'Université de Toronto. Je fais beaucoup de sport pour le plaisir et je joue de la batterie! Quand j'aurai fini mes études, j'aimerais passer un diplôme de physiothérapeute. Mais après le Congrès Olympique de Copenhague, j'ai réalisé que j'aimerais être plus impliquée dans le Mouvement Olympique et peut-être devenir membre du CIO dans la Commission des Athlètes.   Qu'est-ce que tu changerais au tir à l'arc si tu faisais partie de cette commission aujourd'hui? Je maintiendrais le tir à l'arc dans la direction qu'il a prise! Avec tous les changements positifs auxquels on a assisté récemment, je pense que le tir à l'arc va dans la bonne direction!   Merci Vanessa, et on espère te voir bientôt sur la Coupe du Monde! Merci! J'aimerais encore remercier le Président de la FITA, M. ERDENER, ainsi que Tom DIELEN et toute l'équipe de la FITA et World Archery pour leur excellent travail! J'ai été très honorée de rencontrer le Dr ERDENER et M. DIELEN à Copenhague. Avec eux, le tir à l'arc mondial est vraiment dans de bonnes mains!