Ki Bo Bae: An athlete profile, by athletes | Win&Win AFR

Ki Bo Bae à seulement 60% de sa carrière internationale?

31 janvier 2017
La championne olympique de Londres 2012 a dit plus tôt qu'elle tenterait sa chance à Tokyo

Traduction par Alexane Scelles.

Au cours de ses huit ans de carrière internationale, Ki Bo Bae a jusqu’ici remporté quatre médailles olympiques (dont trois d'or), un championnat du monde en individuel et deux Coupes du monde Hyundai. Elle a établi le record du monde dans l’épreuve de qualification des 72 flèches à 70 mètres, des records du monde avec l'équipe féminine coréenne d'arc classique, et s’est forgée une réputation d'athlète dominatrice en matches..

Ki a accordé une interview au média coréen Sisa Press en fin d'année 2016, récemment traduite en anglais par nos amis de DutchTarget, qui donne un aperçu incroyable de la mentalité et des futurs projets d'une des archères au monde les plus brillantes de ces dix dernières années.

“Faire partie de l'équipe nationale [coréenne] c'est comme demander la lune,” a dit Ki en ouverture d'interview. “Nous sommes entourés de grands archers et le nombre d'athlètes sélectionnés est limité. C'est pour cela que les athlètes nationaux changent si fréquemment. Donc je ne peux pas me permettre de ne pas être vigilante.”

C’est l’expérience de l'athlète de 28 ans qui parlait. Suite à sa victoire aux Jeux Olympiques de Londres en 2012, Ki a traversé deux saisons agitées, avec comme point culminant sa sortie de l'équipe coréenne en 2014.

“Lors de mon entraînement hivernal, ça ne me semblait pas bon. J'ai pensé ‘cette année va être difficile’. Par-dessus tout, je n'étais pas sûre de moi. J'ai besoin de conviction quand je tire, mais mon cœur tremblait avant même de tirer," a-t-elle expliqué.

“En plus, la vie d'un athlète en entraînement était si ennuyante. Je voulais sortir de ce monde confiné.”

Au lieu de participer à la compétition, Ki a regardé les Jeux asiatiques de 2014 depuis la cabine de commentateurs, prêtant sa voix d'experte à la compétition pour la télévision nationale coréenne : “Ça m’a servi d'opportunité pour raffermir la motivation qui manquait depuis quelques temps.”

“Après cela, j'ai retrouvé un second souffle. Je me suis même dis que si je ne pouvais pas participer aux compétitions internationales, je remporterais toutes les compétitions nationales à la place,” a expliqué Ki.

“J'ai décidé de montrer à tout le monde que je n’étais pas encore finie.”

De retour dans l'équipe nationale en 2015, année au cours de laquelle elle a remporté les mondiaux, en 2016, elle a voyagé jusqu'à Rio en tant que favorite pour réussir un chose que personne d'autre n'avait jamais réalisé auparavant en tir à l’arc: gagner une deuxième médaille d'or olympique d’affilée.

Tout s'est bien déroulé jusqu'à la demi-finale, avant que Ki ne se retrouve face à sa coéquipière  Chang Hye Jin et ne s'incline:

“C'était très triste. Si j'avais perdu en huitième de finale ou plus tôt, j'aurais accepté le fait que mes compétences n'étaient pas à la hauteur de la compétition, mais j'étais déçue de ne pas être allée jusqu’en finale.”

Malgré sa déception, Ki s’est offert la médaille de bronze avant de retourner dans les tribunes pour soutenir Chang, qui allait remporter l'or quelques minutes plus tard. Elle nous a rapporté que les Coréennes avaient fêté cette victoire dans la chambre de la gagnante avant même “de se laver ou de se changer”, en regardant des articles pour voir si “elles seraient belles ou pas sur les photos” jusqu'au matin suivant.

Dans une carrière internationale longue (et importante) de huit ans, Ki Bo Bae s’est rapprochée (même si elle n'en fait peut-être pas encore tout à fait partie) des meilleures athlètes coréennes de ce sport, avec des légendes telles que Kim Soo-Nyung et Park Sung-Hyun.

Dans le même temps, elle fait des études pour devenir enseignante et poursuit un doctorat, et a mentionné qu'elle serait intéressée un jour à devenir membre du CIO et à travailler avec des athlètes paralympiques.

Mais même si elle s’est préparée pour un tel futur, il se pourrait bien qu'il n'arrive pas tout de suite.

Une nouvelle participation aux Jeux Olympiques, par exemple ceux de Tokyo en 2020, dont elle a déjà suggéré y porter de l'intérêt, cela renforcerait l'héritage de Ki Bo Bae, et elle le sait très bien.

Lorsqu'on lui demande quel pourcentage de sa vie d'archère elle a atteint, après autant de distinctions internationales, elle répond: “Je pense avoir en atteint 60.”

(Ce qui ne semple pas beaucoup.)

“Il est évident que j'ai dépassé les 50. J'ai reçu des récompenses précieuses et j'ai fait l'expérience des Jeux Olympiques deux fois. Pour les derniers 40, je vais profiter de la compétition avec mes juniors. Lorsque je m'approcherai des 100, je pourrais bien vivre ma vie en tant que dirigeante, et pas en tant qu'archère,” dit-elle.

Probablement un membre senior de l'équipe coréenne au cours des prochaines saisons, si elle est sélectionnée, Ki Bo Bae va-t-elle, et devrait-elle, tenter une fois de plus les Jeux Olympiques?

Remerciements à DutchTarget pour la traduction anglaise de l'article original.

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