Meilleurs archers olympiques de tous les temps: #9 Lee Sung Jin

12 mai 2016
World Archery a dressé une liste des meilleurs athlètes olympiques de l'histoire du tir à l'arc depuis Paris 1900 jusqu'à Londres 2012.

Photos avec la permission de Yoshi Komatsu.

À l'approche des Jeux Olympiques 2016 à Rio, nous révélerons chaque semaine un autre ahtlète de notre liste des quinze meilleurs archers olympiques de tous les temps. Cette semaine, c'est au tour de…

#9: LEE SUNG JIN

CNO: Corée

Naissance: 7 mars 1985, Chungcheongnam, Corée du Sud

Participations olympiques: 2 (Athènes 2004, Londres 2012)

Les médailles

Athènes 2004 Jeux Olympiques
Athènes 2004 Jeux Olympiques
Londres 2012 Jeux Olympiques

La citation

“Quelles sont mes souvenirs des Jeux Olympiques? L'excitation et la passion. Quoi que j'aie vu et où que je sois allée, les Jeux m'ont toujours donné ce sentiment incroyable et palpitant. L'environnement, les gens, les odeurs et tout le reste, tout était tellement étranger et nouveau, mais j'étais heureuse d'y être, en plein dedans.” – Lee Sung Jin

La raison

La carrière olympique en tir à l'arc de Lee Sung Jin a traversé un intervalle de huit ans avec deux médailles d'or à la clé, pour une jeune femme qui a bien failli devenir coureuse sur piste plutôt qu'archère.

Comme la plupart des archers coréens, elle a d'abord découvert l'arc à l'école, mais au début, le tir à l'arc était pour elle juste un autre sport qu'elle essayait.

C'est un entraîneur qui a vu tout son potentiel: “J'ai pris du plaisir dans de nombreux sports, mais j'ai fini par passé de l'athlétisme au tir à l'arc. Mon coach m'a toujours fait confiance et m'a poussée vers l'avant en me disant, ‘Tu mérites de faire partie des Jeux Olympiques’,” explique-t-elle.

Sa première sélection en équipe nationale est venue en 2003, alors qu'elle était âgée de tout juste 19 ans et encore au lycée. Elle a survécu aux sélectifs nationaux toujours très compétitifs, et est entrée dans l'équipe olympique l'année suivante. À Athènes, elle a pris le deuxième rang de l'épreuve de classement avant d'avancer facilement dans le tableau, avec juste une alerte en quart de finale, 104-103, contre Wu Hui-Ju du Chinese Taipei.

Elle s'est retrouvée en finale pour l'or face à sa compatriot Park Sung Hyun, qui participait également à ses premiers Jeux et avait établi un nouveau record du monde dans l'épreuve de classement.

Lee possédait un avantage de trois points à un moment de la partie, mais Park parvenait à refaire son retard pour égaliser avant la dernière des 12 flèches jouées. Park marquait un 10 à son dernier tir, alors que Lee ne faisait qu'un 8. Titre olympique pour Park.

“Avant le match, je me suis juste dis: donne tout ce que tu as, mais surtout profite du moment. Ma plus grande erreur ce jour-là fut de mal viser en raison d'une mauvaise connaissance de la direction du vent,” dit Lee. 

Deux jours plus tard, l'équipe féminine coréenne de Park, Lee et Yun Mi Jin se retrouvait sur le terrain du Stade panathénaïque pour affronter la Chine en finale, un affrontement entre les deux pays qui sera répété en 2008 et 2012 dans la même épreuve.

Les Chinoises se sont avérées être des adversaires difficiles, et il faudra un autre 10 de Park Sung Hyun à sa dernière flèche du match pour l'emporter par un tout petit point.

Avec deux médailles à Athènes, Lee surfait sur la vague du succès. En 2005, elle remportait le titre individuel des Championnats du monde de tir à l'arc à Madrid. Devenue numéro 1 mondiale, elle gagnait encore le titre aux Unviersiades la même année, puis deux titres aux Championnats d'Asie en 2007.

Mais il est toujours difficile de rester au sommet du tir à l'arc coréen, et Lee a traversé des années difficiles.

“Rien n'avait radicalement changé, mais j'avais une réputation que j'avais l'impression de devoir garder,” dit-elle.

Après 2008, sa forme a commencé à baisser, et ses épaules, qui lui avaient causé des problèmes depuis l'école déjà, l'ont finalement lâchée: “Je suis passée par les défis que tout athlète doit affronter à un certain moment, les baisses de régime et les blessures. Et en plus, j'ai dû dubir une intervention chirurgicale à l'épaule.”

Elle n'a pas tiré pendant un an, et a dû se fixer un nouvel objectif: Londres.

“J'ai dû lutter avec moi-même pendant deux ans au cours de la période de réhabilitation,” se souvient Lee. “Mais avec 2012 comme objectif, comme le temps passait, mes scores se sont améliorés de manière significative... Après avoir touché le fond, je voulais à nouveau atteindre le sommet!” 

Entraînée par son ancienne coéquipière Park Sung Hyun, Lee était de retour en pleine forme en 2012.

L'équipe sélectionnées pour Londres, Lee accompagnée de Ki Bo Bae et Choi Hyeonju était très forte sans aucun doute, mais en tant qu'athlète olympique expérimentée dans une culture qui respecte profondément la hiérarchie, Lee était en proie au doute.

“Honnêtement, je me sentais sous pression,” dit-elle. “Bien sûr, c'était un honneur d'être là où tant de personnes espèrent être, mais c'était vraiment difficile d'être leader de l'équipe en tant qu'olympienne expérimentée.”

À London, dans l'épreuve individuelle, elle est tombée en quart de finale face à la future médaillée de bronze Mariana Avitia, et c'est une Lee en larmes qui a vu Ki Bo Bae remporter l'or.

Mais dans une compétition par équipe détrempée par la pluie, la Corée retrouvait une nouvelle fois en finale une redoutable équipe de Chine, et à nouveau, le match se terminait sur un point d'écart à la dernière flèche. Lee remportait sa deuxième médaille d'or, et prenait sa retraite peu de temps après.

Aujourd'hui, Lee tire toujours en entraîne des archers juniors.

“Je veux sensibiliser un grand nombre de personnes à la pratique du tir à l'arc grâce à l'expérience et les connaissances acquises tout au long de ma carrière. C'est un sport pour lequel le plaisir s'accroît à mesure qu'on apprend à le connaître, et je veux que les juniors deviennent des archers qui sachent vraiment l'apprécier... J'aimerais que les gens sachent ce qu'apporte le tir à l'arc: la relaxation, le contrôle des émotions, un mental très fort,” dit-elle.

Lee Sung Jin est toujours pleine d'admiration pour ses coéquipières de l'équipe olympique de 2004, et ensemble, elles  restent peut-être la plus forte équipe féminine coréenne de tous les temps.

“Qui j'admire le plus? Park Sung Hyun et Yun Mi Jin,” dit-elle. “Elles sont mes modèles et des compétitrices, mais aussi des personnes qui m'ont appris des choses précieuses. La chose la plus importante pour moi est d'apporter l'esprit d'équipe aux autres archers.”