Meilleurs archers olympiques de tous les temps: #7 Park Kyung-Mo

26 mai 2016
World Archery a dressé une liste des meilleurs athlètes olympiques de l'histoire du tir à l'arc depuis Paris 1900 jusqu'à Londres 2012.

Une partie des photos avec la permission de Yoshi Komatsu.

À l'approche des Jeux Olympiques 2016 à Rio, nous révélerons chaque semaine un autre ahtlète de notre liste des quinze meilleurs archers olympiques de tous les temps. Cette semaine, c'est au tour de…

#7: PARK KYUNG-MO

CNO: Corée

Naissance: 15 août 1975, Okcheon, Jeollabuk, Corée du Sud

Participations olympiques: 2 (Athènes 2004, Beijing 2008)

Les médailles

Athènes 2004 Jeux Olympiques
Beijing 2008 Jeux Olympiques
Beijing 2008 Jeux Olympiques

La citation

“Pour chaque athlète, participer aux Jeux Olympiques c'est un rêve qui se réalise. Quand je repense à cette époque, mon cœur bat encore.” – Park Kyung-Mo

La raison

Par sa concentration et son timing remarquables, Park Kyung-Mo, caché derrière des lunettes de soleil de marque, a semé la terreur parmi ses adversaires durant une carrère internationale exceptionnelle de 15 ans.

Sélectionné pour la première fois en équipe nationale à l'âge de 18 ans, il gagnait une compétition majeure à sa première sortie internationale: le titre mondial individuel en 1993. L'année suivante, Park se parait d'or en individuel et par équipe aux Jeux asiatiques à Hiroshima. 

Mais après ces débuts réussis, Park allait disparaître du paysage de l'équipe nationale, n'étant plus appelé en équipe coréenne durant six ans. Mais il n'abandonna jamais, cependant.

“Sans buts, la passion, et les efforts, je ne serais pas ‘moi’ aujourd'hui,” dit-il. “Je rêvais de faire partie de l'équipe nationale et de représenter la Corée aux Jeux Olympiques, mais mon objectif principal était devenu de reussir un Grand Chelem dans les grands championnats.”

Une fois qu'il est revenu, il est revenu avec style. Les équipes masculines coréennes en puissance, avec Park en vedette, ont remporté l'or aux Championnats du monde de tir à l'arc 2001, 2003 et 2005, ainsi que les Championnats asiatiques les mêmes années.

C'est en 2004 qu'il fit ses débuts olympiques. Dans la compétition individuelle, malgré un record olympique dans son match du troisième tour face à Anton Prilepov, Park s'inclinait en quart de finale face au futur médaillé de bronze Tim Cuddihy. Mais l'équipe masculine composée de Park, Im Dong Hyun et Jang Yong-Ho était en grande forme, et c'est lui qui tirait la dernière flèche, un 10, pour battre le Chinese Taipei 251-245.

C'était la première médaille olympique pour Park, et elle était couleur or.

Après une courte pause pour remporter la toute première Finale de la Coupe du Monde de tir à l'arc en 2006 et s'adjuger un autre titre par équipe aux Jeux asiatiques, Park était de retour aux affaires en 2008 à Beijing. Cette année-là, l'Association coréenne de tir à l'arc a fait construire une réplique grandeur nature du terrain de tir à l'arc de Beijing pour que son équipe puisse s'entraîner dans les mêmes conditions qu'aux Jeux.

Park savait qu'en raison de son âge, il y avait de grandes chances que ce soit sa dernière chance de gagner une autre médaille olympique.

Les hommes coréens se sont frayés un chemin jusqu'en finale de l'épreuve par équipe, où ils se sont offerts une incroyable bataille avec les Italiens. À égalité à 167-167 avant les trois dernières flèches, Kim Chung-Tae a lâché trois 10 consécutifs pour offrir la victoire à la Corée et une seconde médaille d'or à Park.

Le titre individuel lui tendait maintenant les bras.

En quarts de finale, il était mené de deux points à la dernière flèche face au médaillé d'argent des Jeux Panaméricains 2007 Juan Carlos Stevens, mais répondait calmement au 8 de son adversaire par un 10 pour aller en barrage. Park l'emportait avec un autre 10 parfait.

“À la fin de [ce] match, j'ai pensé, ‘ma bonne étoile est avec moi’,” dit-il. Il a ensuite battu Juan Rene Serrano 115-112 pour passer en finale. 

Il était temps de faire face à son destin.

“Quand j'y repense, mon cœur bat encore. En entrant dans le stade, j'étais déterminé à n'avoir aucun regret sur chacune de mes douze flèches. Je me suis juste dit comme toujours: ‘Tire chacune de tes flèches avec tout ce que tu as dans le ventre, et accepte le résultat, quoi qu'il arrive,” se souvient Park.

Avec deux points d'avance, Park semblait bien se diriger vers l'or individuel face à l'Ukrainien Viktor Ruban, mais tout à coup, à son avant-dernière flèche, il faisait un 8 contre un 10 pour Ruban, et les deux archers se retrouvaient à égalité. 

La dernière flèche de Ruban atteignait à nouveau le 10, alors qu'un Park tendu ne pouvait faire mieux que 9. C'était ‘seulement’ une médaille d'argent.

“Je me suis entraîné pour les Jeux plus dur que tous les autres. Mais je n'ai pas de regrets, cependant, car j'ai fait de mon mieux,” dit-il.

Cette défaite faisait écho à la finale féminine individuelle jouée un jour auparavant, au cours de laquelle Park Sung Hyun avait également fait un 8 à son avant-dernière flèche pour offrir un boulevard et l'or olympique à Zhang Juan Juan.

Deux semaines après les Jeux, les deux Park annonçaient qu'ils étaient en couple. Il se sont marriés en décembre 2008.

Kyung-Mo a pris sa retraite après Beijing. Il est maintenant l'entraîneur de Gongju City Hall, l'une des équipes professionnelles coréennes, et espère bien amener l'un de ses protégés au titre olympique.

“Je veux réaliser mon rêve de ‘Grand Chelem’ à travers les joueurs à qui j'enseigne, puisque je n'ai pas réussi durant ma carrière d'archer,” confesse-t-il.

“Il reste encore en moi un peu de passion. J'utilise cette passion pour devenir un leader compétent, et non plus un archer qui tire son arc. La flamme que j'avais en tant qu'archer se ravive parfois quand j'entraîne, alors j'aime bien tirer encore de temps en temps avec mes amis archers. C'est peut-être pare cela fait 25 ans que les arcs sont à mes côtés, on dirait que mon corps se souvient toujours.”

Trois filles sont nées de son union avec Park Sung-Hyun et il a l'habitude d'être questionné au sujet de leur possible avenir sportif.

“Je ne leur ai jamais appris, mais je peux dire que les gènes du tir à l'arc ont été transmis, en voyant comment mes enfants imitent très bien la posture! J'aimerais profiter de faire du tir à l'arc avec eux. Ma femme s'amuse souvent à expliquer comment elle veut leur apprendre le tir à l'arc et en faire une équipe féminine pour participer aux compétitions,” dit Park.

Park Kyung-Mo a été l'un des archers coréens les plus titrés de son époque, et restera comme l'un des concurrents les plus tenaces et dévoués de tous les temps.

Ses derniers mots: “Je n'ai fait aucun sacrifice. Le tir à l'arc fait partie de ma vie et a fait de moi ce que je suis aujourd'hui. J'ai gagné beaucoup grâce au tir à l'arc, et je n'ai rien perdu.”